Saudre est un écrivain. Pas un poète – un homme du regard, de l’analyse, du retrait.
Solitaire, ne vivant que pour l’écriture, il appartient à cette lignée d’auteurs désenchantés que l’on pourrait dire proches de Michel Houellebecq : lucides jusqu’à l’épuisement.
Après vingt ans de carrière, son lectorat s’effrite. Son éditeur lui propose un virage presque cynique : écrire sur la sexualité. Un terrain racoleur, à mille lieues de sa nature.
Saudre accepte. Et retourne à Tokyo – ville fondatrice, où un premier roman, une histoire d’amour japonaise, avait autrefois révélé sa voix.
Mais ce voyage ne sera pas un retour. Ce sera une faille.
Il rencontre une jeune femme, actrice dans le cinéma pour adultes. Elle a vingt ans à peine. Elle est tout ce qu’il n’est plus – ou n’a peut-être jamais été : incarnée, libre, traversée par le désir sans distance ni honte.
Saudre observe le monde. Elle l’habite.
Il pense le vide. Elle éprouve le plein.
De cette opposition naît une tension presque métaphysique : deux âges, deux rapports au corps, deux manières d’être au monde.
Et peu à peu, une question s’impose, simple et vertigineuse : le bonheur est-il une quête… ou un état ?
Ce roman d’apprentissage tardif se déploie comme un voyage initiatique. À travers le Japon des année 2010, Saudre affronte moins un pays que sa propre incapacité à vivre. Le corps, le désir, l’amour deviennent alors des territoires à reconquérir ou à perdre définitivement.




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